Carnet de guerre, item 15

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 Titre  Le 21 Août 1914

Vers deux heures du matin on nous

passe un message et nous le rep-

sons à notre Regiment. Vers 4 heures

le 88e part de Pouilly et un bataillon

de notre régiment arrive vers 5 heures et

repart vers 8 heures et demie. Nous recevons

l'ordre de relever la ligne, ce que nous

faisons immédiatement. Nous n'avions

rien pour manger, alors le Lieutenant me

dit de trouver de la viande dans la villa

et de forcer l'habitant à nous la faire

cuire immédiatement, car il savait

que boucher précisément n'était pas très com-

mode et il me dit s'il ne veut pas je

vous ferai un ordre de réquisition, vo-

yant que nous étions décidés le boucher

s'inclina et fit ce que nous lui demandions.

Alors on le paya de suite et nous empor-

tâmes la viande cuite, les autres arrivaient

de relever la ligne, nous nous assirent

je me rappelle sur les marches à l'en-

trée de l'église, nous prirent ce petit

repas en vitesse car il fallait rattraper

le régiment. Le Lieutenant était resté avec

nous et avions mangé tous ensemble. En

partant il nous fit approvisionner nos

fusils car on avait dit qu'on avait

vu des hulans dans les environs. Nous par-

tons donc en plein midi, nous passons

à Vaux vers deux heures, là nous enten-

dons le canon pour la première fois

mais il parait très loin. Nous arrivons

à Carrignan ((où était notre régiment de-

puis midi)) vers 4 heures. C'est une coquet-

te petite ville, très bien tenue et où l'on

voit que le commerce et l'industrie

y sont très prospère, d'ailleurs dans toutes

les villes et grands bourgs du nord c'est

pareil, comme activité commerciale et

industrielle comparé avec nos régions du 

midi, c'est comme si l'on comparait le

jour et la nuit pour y voir clair. En 

arrivant nous étions tous très fatigués car

on avait marché un peu vite afin de

rattraper le régiment. En plus de la fa-

tigue je sentais que mon estomac n'allait

pas trop bien, avec Caillou et Delpech nous

nous débrouillons à trouver de la soupe où

autre chose, chez une brave femme nous

trouvons du potage, nous achetons de la sau-

cisse ((qu'elle nous fit cuire)) et du pain

tendre et du vin, dès que j'eus prie la

moitié du potage je ne puis plus rien

avaler, alors je laisse là Caillou et Delpech

et leur dis que j'allais me reposer, comme

j'arrivais au cantonnement il tomba une

grosse averse, cela rafraichit un peu la tem-

pérature et cela fit que dès que je fus cou-

chés je me suis endormi. Je fus réveillé vers

7h et demie par une grand tapage, c'était

Delpech et Durens qui se disputaient. En

même temps il y a alerte et tout le

monde se prépare pour partir, on repart

donc vers 9 heures du soir, chemin faisant

Caillou me donne un peu de saucisse qu'il

avait gardée exprès pour moi, je n'en ai

mangé qu'un peu comme une noix car

ça ne voulait pas descendre. Nous arrivons

à Osne vers 10 heures et demie et se couche

dans une grange presque immédiatement.

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 Titre  Le 21 Août 1914

Vers deux heures du matin on nous

passe un message et nous le rep-

sons à notre Regiment. Vers 4 heures

le 88e part de Pouilly et un bataillon

de notre régiment arrive vers 5 heures et

repart vers 8 heures et demie. Nous recevons

l'ordre de relever la ligne, ce que nous

faisons immédiatement. Nous n'avions

rien pour manger, alors le Lieutenant me

dit de trouver de la viande dans la villa

et de forcer l'habitant à nous la faire

cuire immédiatement, car il savait

que boucher précisément n'était pas très com-

mode et il me dit s'il ne veut pas je

vous ferai un ordre de réquisition, vo-

yant que nous étions décidés le boucher

s'inclina et fit ce que nous lui demandions.

Alors on le paya de suite et nous empor-

tâmes la viande cuite, les autres arrivaient

de relever la ligne, nous nous assirent

je me rappelle sur les marches à l'en-

trée de l'église, nous prirent ce petit

repas en vitesse car il fallait rattraper

le régiment. Le Lieutenant était resté avec

nous et avions mangé tous ensemble. En

partant il nous fit approvisionner nos

fusils car on avait dit qu'on avait

vu des hulans dans les environs. Nous par-

tons donc en plein midi, nous passons

à Vaux vers deux heures, là nous enten-

dons le canon pour la première fois

mais il parait très loin. Nous arrivons

à Carrignan ((où était notre régiment de-

puis midi)) vers 4 heures. C'est une coquet-

te petite ville, très bien tenue et où l'on

voit que le commerce et l'industrie

y sont très prospère, d'ailleurs dans toutes

les villes et grands bourgs du nord c'est

pareil, comme activité commerciale et

industrielle comparé avec nos régions du 

midi, c'est comme si l'on comparait le

jour et la nuit pour y voir clair. En 

arrivant nous étions tous très fatigués car

on avait marché un peu vite afin de

rattraper le régiment. En plus de la fa-

tigue je sentais que mon estomac n'allait

pas trop bien, avec Caillou et Delpech nous

nous débrouillons à trouver de la soupe où

autre chose, chez une brave femme nous

trouvons du potage, nous achetons de la sau-

cisse ((qu'elle nous fit cuire)) et du pain

tendre et du vin, dès que j'eus prie la

moitié du potage je ne puis plus rien

avaler, alors je laisse là Caillou et Delpech

et leur dis que j'allais me reposer, comme

j'arrivais au cantonnement il tomba une

grosse averse, cela rafraichit un peu la tem-

pérature et cela fit que dès que je fus cou-

chés je me suis endormi. Je fus réveillé vers

7h et demie par une grand tapage, c'était

Delpech et Durens qui se disputaient. En

même temps il y a alerte et tout le

monde se prépare pour partir, on repart

donc vers 9 heures du soir, chemin faisant

Caillou me donne un peu de saucisse qu'il

avait gardée exprès pour moi, je n'en ai

mangé qu'un peu comme une noix car

ça ne voulait pas descendre. Nous arrivons

à Osne vers 10 heures et demie et se couche

dans une grange presque immédiatement.


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  • March 28, 2017 17:52:26 Johann Grimm

     Titre  Le 21 Août 1914

    Vers deux heures du matin on nous

    passe un message et nous le rep-

    sons à notre Regiment. Vers 4 heures

    le 88e part de Pouilly et un bataillon

    de notre régiment arrive vers 5 heures et

    repart vers 8 heures et demie. Nous recevons

    l'ordre de relever la ligne, ce que nous

    faisons immédiatement. Nous n'avions

    rien pour manger, alors le Lieutenant me

    dit de trouver de la viande dans la villa

    et de forcer l'habitant à nous la faire

    cuire immédiatement, car il savait

    que boucher précisément n'était pas très com-

    mode et il me dit s'il ne veut pas je

    vous ferai un ordre de réquisition, vo-

    yant que nous étions décidés le boucher

    s'inclina et fit ce que nous lui demandions.

    Alors on le paya de suite et nous empor-

    tâmes la viande cuite, les autres arrivaient

    de relever la ligne, nous nous assirent

    je me rappelle sur les marches à l'en-

    trée de l'église, nous prirent ce petit

    repas en vitesse car il fallait rattraper

    le régiment. Le Lieutenant était resté avec

    nous et avions mangé tous ensemble. En

    partant il nous fit approvisionner nos

    fusils car on avait dit qu'on avait

    vu des hulans dans les environs. Nous par-

    tons donc en plein midi, nous passons

    à Vaux vers deux heures, là nous enten-

    dons le canon pour la première fois

    mais il parait très loin. Nous arrivons

    à Carrignan ((où était notre régiment de-

    puis midi)) vers 4 heures. C'est une coquet-

    te petite ville, très bien tenue et où l'on

    voit que le commerce et l'industrie

    y sont très prospère, d'ailleurs dans toutes

    les villes et grands bourgs du nord c'est

    pareil, comme activité commerciale et

    industrielle comparé avec nos régions du 

    midi, c'est comme si l'on comparait le

    jour et la nuit pour y voir clair. En 

    arrivant nous étions tous très fatigués car

    on avait marché un peu vite afin de

    rattraper le régiment. En plus de la fa-

    tigue je sentais que mon estomac n'allait

    pas trop bien, avec Caillou et Delpech nous

    nous débrouillons à trouver de la soupe où

    autre chose, chez une brave femme nous

    trouvons du potage, nous achetons de la sau-

    cisse ((qu'elle nous fit cuire)) et du pain

    tendre et du vin, dès que j'eus prie la

    moitié du potage je ne puis plus rien

    avaler, alors je laisse là Caillou et Delpech

    et leur dis que j'allais me reposer, comme

    j'arrivais au cantonnement il tomba une

    grosse averse, cela rafraichit un peu la tem-

    pérature et cela fit que dès que je fus cou-

    chés je me suis endormi. Je fus réveillé vers

    7h et demie par une grand tapage, c'était

    Delpech et Durens qui se disputaient. En

    même temps il y a alerte et tout le

    monde se prépare pour partir, on repart

    donc vers 9 heures du soir, chemin faisant

    Caillou me donne un peu de saucisse qu'il

    avait gardée exprès pour moi, je n'en ai

    mangé qu'un peu comme une noix car

    ça ne voulait pas descendre. Nous arrivons

    à Osne vers 10 heures et demie et se couche

    dans une grange presque immédiatement.


Description

Save description
  • 49.540293||5.109167||

    Pouilly

  • 49.607726||5.130184||

    Vaux

  • 49.632487||5.168674||

    Carrignan

  • 49.655463||5.163859||

    Osne

Location(s)
  • Document location Pouilly
  • Additional document location Vaux
  • Additional document location Carrignan
  • Additional document location Osne


ID
9286 / 88411
Source
http://europeana1914-1918.eu/...
Contributor
DELRIEU
License
http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/







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