Carnet de guerre, item 13

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 Titre  Le 17 Août 1914
Nous restons toute la matinée à
Somme-Haute, on se promène dans le
village pour chercher quelques bouteilles
de vin, nous en trouvons chez une bra-
ve femme qui nous dit que son mari
était aussi sous les drapeaux, je me rap-
pelle qu'elle nous fit une omelette au jam-
bon qui était exquise cela va sans
dire que nous y avons tous fait hon-
neur. Vers 11 heures nous repartons,
au sortir du village à notre droite nous
avons passé devant un vieux banc
en pierre entouré de quatre où cinq pe-
tits pins, un capitaine nous expli-
que qu'en 1870, le roi de Prusse était
assis sur ce banc et lisait un journal
Anglais et il apprit qu'une par ce jour-
nal qu'une armée francaise était dans
les environs de Beaumont, que de cet
emplacement on voyait très au loin, il
renseigna mieux et la surprise de
Beaumont s'en suivit peu de temps après.
C'est du moins ce que nous dit ce
Capitaine. Il nous fit même l'emplace-
ment où était l'artillerie prussienne.
Le pays que nous traversons se compose
principalement de prairie. Nous arrivons
dans la soirée, mais avant la nuit
à la Besace. Ce village est le plus
salle que j'ai vu dans les Ardennes,
on voit que les tas de fumiers qui sont
devant les portes n'ont pas été enlevés de-
puis peut-être 3 où 4 ans et le purin
coule partout dans les rues.

 Titre  Le 18 Août 1914
Nous restons toute la journée à la
Besace, avec Caillou et quelques camarades
nous achetons un poulet que la proprié-
taire nous fit cuire, ici presque personne
ne trouvait du vin, moi j'avais réussi a
en trouver quelques litres et nous eumes là
de quoi arroser ce poulet. Je me rappelle
que l'on en cherchait partout du vin. Du
prat ne réussissant nulle part se décide
à aller chez le curé du village qui lui
en vendit une bouteille pour lui faire
plaisir. Nous étions cantonnés chez un ha-
bitant qui était le plus riche du village
parait-il mais aussi le plus avare, il ne
voulait pas nous donner de la paille pour
coucher et cependant elle lui était payee
il réclama même pour se faire payer
des vieilles briques dont nous étions servis
pour faire les foyers des cuisines et que
la fumée avait noirci. Il ne se cachait
pas pour nous dire qu'il préférait garder
tout ce qu'il avait pour les Allemands.
Cela nous a vexé à tous, mais vu son
âge nous ne lui répondirent rien du tout.
Dans la journée un aéroplane ennemi
passa au dessus du village, on lui tira
quelques coup de fusils et il disparût.
Ce jour-là il arriva une petite histoire
à Combalbert qui faillit lui coûter cher, il
avait acheté une paire de poulets dans une
ferme et coïncidence curieux on en vo-
la une paire où il couchait, il put prouver
qu'il les avait achetés et payés ailleurs
sans cela, je crois qu'on l'aurait peut-
être fusillé, car pour le vol on était très
sévère et il le fallait, c'est vrai.

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 Titre  Le 17 Août 1914
Nous restons toute la matinée à
Somme-Haute, on se promène dans le
village pour chercher quelques bouteilles
de vin, nous en trouvons chez une bra-
ve femme qui nous dit que son mari
était aussi sous les drapeaux, je me rap-
pelle qu'elle nous fit une omelette au jam-
bon qui était exquise cela va sans
dire que nous y avons tous fait hon-
neur. Vers 11 heures nous repartons,
au sortir du village à notre droite nous
avons passé devant un vieux banc
en pierre entouré de quatre où cinq pe-
tits pins, un capitaine nous expli-
que qu'en 1870, le roi de Prusse était
assis sur ce banc et lisait un journal
Anglais et il apprit qu'une par ce jour-
nal qu'une armée francaise était dans
les environs de Beaumont, que de cet
emplacement on voyait très au loin, il
renseigna mieux et la surprise de
Beaumont s'en suivit peu de temps après.
C'est du moins ce que nous dit ce
Capitaine. Il nous fit même l'emplace-
ment où était l'artillerie prussienne.
Le pays que nous traversons se compose
principalement de prairie. Nous arrivons
dans la soirée, mais avant la nuit
à la Besace. Ce village est le plus
salle que j'ai vu dans les Ardennes,
on voit que les tas de fumiers qui sont
devant les portes n'ont pas été enlevés de-
puis peut-être 3 où 4 ans et le purin
coule partout dans les rues.

 Titre  Le 18 Août 1914
Nous restons toute la journée à la
Besace, avec Caillou et quelques camarades
nous achetons un poulet que la proprié-
taire nous fit cuire, ici presque personne
ne trouvait du vin, moi j'avais réussi a
en trouver quelques litres et nous eumes là
de quoi arroser ce poulet. Je me rappelle
que l'on en cherchait partout du vin. Du
prat ne réussissant nulle part se décide
à aller chez le curé du village qui lui
en vendit une bouteille pour lui faire
plaisir. Nous étions cantonnés chez un ha-
bitant qui était le plus riche du village
parait-il mais aussi le plus avare, il ne
voulait pas nous donner de la paille pour
coucher et cependant elle lui était payee
il réclama même pour se faire payer
des vieilles briques dont nous étions servis
pour faire les foyers des cuisines et que
la fumée avait noirci. Il ne se cachait
pas pour nous dire qu'il préférait garder
tout ce qu'il avait pour les Allemands.
Cela nous a vexé à tous, mais vu son
âge nous ne lui répondirent rien du tout.
Dans la journée un aéroplane ennemi
passa au dessus du village, on lui tira
quelques coup de fusils et il disparût.
Ce jour-là il arriva une petite histoire
à Combalbert qui faillit lui coûter cher, il
avait acheté une paire de poulets dans une
ferme et coïncidence curieux on en vo-
la une paire où il couchait, il put prouver
qu'il les avait achetés et payés ailleurs
sans cela, je crois qu'on l'aurait peut-
être fusillé, car pour le vol on était très
sévère et il le fallait, c'est vrai.


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  • March 28, 2017 02:37:21 Johann Grimm

     Titre  Le 17 Août 1914
    Nous restons toute la matinée à
    Somme-Haute, on se promène dans le
    village pour chercher quelques bouteilles
    de vin, nous en trouvons chez une bra-
    ve femme qui nous dit que son mari
    était aussi sous les drapeaux, je me rap-
    pelle qu'elle nous fit une omelette au jam-
    bon qui était exquise cela va sans
    dire que nous y avons tous fait hon-
    neur. Vers 11 heures nous repartons,
    au sortir du village à notre droite nous
    avons passé devant un vieux banc
    en pierre entouré de quatre où cinq pe-
    tits pins, un capitaine nous expli-
    que qu'en 1870, le roi de Prusse était
    assis sur ce banc et lisait un journal
    Anglais et il apprit qu'une par ce jour-
    nal qu'une armée francaise était dans
    les environs de Beaumont, que de cet
    emplacement on voyait très au loin, il
    renseigna mieux et la surprise de
    Beaumont s'en suivit peu de temps après.
    C'est du moins ce que nous dit ce
    Capitaine. Il nous fit même l'emplace-
    ment où était l'artillerie prussienne.
    Le pays que nous traversons se compose
    principalement de prairie. Nous arrivons
    dans la soirée, mais avant la nuit
    à la Besace. Ce village est le plus
    salle que j'ai vu dans les Ardennes,
    on voit que les tas de fumiers qui sont
    devant les portes n'ont pas été enlevés de-
    puis peut-être 3 où 4 ans et le purin
    coule partout dans les rues.

     Titre  Le 18 Août 1914
    Nous restons toute la journée à la
    Besace, avec Caillou et quelques camarades
    nous achetons un poulet que la proprié-
    taire nous fit cuire, ici presque personne
    ne trouvait du vin, moi j'avais réussi a
    en trouver quelques litres et nous eumes là
    de quoi arroser ce poulet. Je me rappelle
    que l'on en cherchait partout du vin. Du
    prat ne réussissant nulle part se décide
    à aller chez le curé du village qui lui
    en vendit une bouteille pour lui faire
    plaisir. Nous étions cantonnés chez un ha-
    bitant qui était le plus riche du village
    parait-il mais aussi le plus avare, il ne
    voulait pas nous donner de la paille pour
    coucher et cependant elle lui était payee
    il réclama même pour se faire payer
    des vieilles briques dont nous étions servis
    pour faire les foyers des cuisines et que
    la fumée avait noirci. Il ne se cachait
    pas pour nous dire qu'il préférait garder
    tout ce qu'il avait pour les Allemands.
    Cela nous a vexé à tous, mais vu son
    âge nous ne lui répondirent rien du tout.
    Dans la journée un aéroplane ennemi
    passa au dessus du village, on lui tira
    quelques coup de fusils et il disparût.
    Ce jour-là il arriva une petite histoire
    à Combalbert qui faillit lui coûter cher, il
    avait acheté une paire de poulets dans une
    ferme et coïncidence curieux on en vo-
    la une paire où il couchait, il put prouver
    qu'il les avait achetés et payés ailleurs
    sans cela, je crois qu'on l'aurait peut-
    être fusillé, car pour le vol on était très
    sévère et il le fallait, c'est vrai.


Description

Save description
  • 49.493227||4.982673||

    Somme-Haute

  • 49.5566389||4.958743||

    La Besace

Location(s)
  • Document location Somme-Haute
  • Additional document location La Besace


ID
9286 / 88408
Source
http://europeana1914-1918.eu/...
Contributor
DELRIEU
License
http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/







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